OSAPIENS : l'Observatoire de la Santé des Parisiens

Dans le contexte particulier de la ville de Paris, nous supposons qu’un environnement social et physique hétérogène détermine l’état de santé de la population, ses comportements vis-à-vis de la santé et la manière dont elle appréhende et gère sa santé.

L'objectif de notre recherche vise à identifier et expliciter les relations entre santé perçue ou comportements face à la santé et l'environnement urbain et ce, à une double échelle : au niveau individuel et aussi au niveau contextuel, en fonction de l'environnement de vie, compris à la fois comme environnement social et physique.

Une enquête en population générale sur la santé perçue et les comportements face à la santé

L’enquête réalisée en 2006 est une étude socio-épidémiologique transversale par téléphone conduite auprès d’un échantillon de la population parisienne adulte (18-75 ans).

Au total 850 interviews ont été réalisées entre Novembre et Décembre 2006 :

- 732 auprès d’abonnés sur ligne fixe
- 118 auprès de possesseurs de mobiles exclusifs (qui ne disposent pas de ligne fixe), les « mobile only ».

Le questionnaire s'articule autour de plusieurs thématiques recouvrant un grand éventail de comportements liés à la santé. Il comporte une partie décrivant l'individu (sexe, âge, activité, niveau d’études, revenus, nationalité) et le ménage.
Ensuite, les thèmes suivants sont abordés :
- les déterminants psychosociaux de la santé (réseaux sociaux, support social, capital social, sentiment de confiance et d’insécurité)
- les pratiques spatiales des individus au sein de leur quartier
- l'état de santé perçu et la qualité de vie (© SF-12)
- les consomations de tabac, d'alcool et les usage de drogues illicites
- les conduites alimentaires et l'activité physique (à la maison, au travail et les pratiques sportives)
- les attitudes face à la sexualité, aux modes de contraception et aux Maladies Sexuellement Transmissibles (MST)
- les recours à la prévention (dépistages de cancers et vaccination).

L’administration du questionnaire par téléphone s’est faite au moyen d’un logiciel CATI (Computer-Assisted Telephone Interviewing).

La méthode d'échantillonnage devait tenir compte de l'hétérogénéité urbaine de la ville et s'est appuyée sur une stratification (4 strates cf. figure 1) des quartiers établie à partir d’une typologie socio-économique. Il s'agit d'un échantillonnage aléatoire à trois degrés : un tirage aléatoire de quartiers a d’abord été réalisé au sein des strates (N = 8, soient 2 quartiers par strates). Puis, à partir d’une base de sondage incluant les listes rouges et blanches (N = 3 130), un échantillonnage aléatoire de ménages disposant d’un poste fixe a été effectué dans chacun des quartiers. Une autre liste regroupant des numéros de téléphones mobiles (N= 5 000)a servi de base de sondage pour les «mobile only».
Au sein de chaque ménage, une seule personne a été sélectionnée de façon aléatoire selon la méthode des anniversaires (méthode Kish).

Figure 1. Les quartiers tirés au sort en fonction de la typologie

Caractéristiques des personnes interrogées

Au total, 738 individus disposant d’une ligne fixe ont été interrogés : 296 hommes et 442 femmes (figure 2).

Figure 2. Répartition par sexe et par age de la population d'étude

Prévus pour être similaires, les effectifs de répondants par quartiers (figure 3), reflètent des taux de refus plus importants dans les quartiers socio économiquement favorisés (Q 28 et Q 30).

Figure 3. Répartition par sexe de la population d'étude selon le quartier

Ces déséquilibres seront compensés par les méthodes de redressement utilisées pour conduire les analyses et qui tiennent compte des particularités de l’échantillonnage. En outre, afin de rendre l'échantillon aussi fidèle que possible à l’image de la population au sein de laquelle il a été tiré, une post-stratification sur le sexe et l’âge a été réalisée.

Globalement, 89,87% des parisiens déclarent considérer leur santé comme très bonne ou bonne.

La prévalence du surpoids et de l’obésité sont définies à partie de l’indice de masse corporelle (IMC). Indépendamment de l'âge et du sexe, un parisien sur 4 est en excès de poids (24,7%). La surcharge pondérale est plus présente chez les hommes (34,4%00 que chez les femmes (15,9%). Parmi les personnes interrogées, l’obésité concerne 3,4% des femmes et 5,4% des hommes.

Près de 90% des personnes interrogées déclaraient souffrir d’au moins une maladie ou d'un trouble de santé. Si l’on exclue les troubles de la vision et de l’audition, la proportion de personnes déclarant au moins un problème de santé est encore de 71%.

Les pathologies les plus déclarées sont les troubles de la vision (55%), les maladies de la bouche et des dents (31%) ainsi que les troubles de l’audition (13%).
A partir de deux méthodes d’estimation (déclaration et MINI diagnostic), la prévalence totale de la dépression à Paris est estimée à 12,6%.

Parmi les individus bénéficiant d’une couverture de base (98,9%), 84,6% déclarent bénéficier d’une mutuelle, 2,5% de la CMU complémentaire, et 12,4% d’aucune couverture complémentaire.
Ils sont en outre près de 20% à avoir renoncé à des soins au cours de l’année précédente pour des raisons financières, principalement pour des soins dentaires.

Pour en savoir plus...

Des fiches thématiques présentant les résultats détaillés peuvent être téléchargées :
- L'accès aux soins
- Activité physique
- Dépistage du cancer du sein

Les résultats complets de l’étude disponibles, sur demande, auprès d’Emmanuelle Cadot.

 

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